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Français sans papiers : Protestation chez le Préfet

MessagePosté: Dim 27 Sep 2009 07:18
de jerlau
Sans papiers et bientôt sans pesos ! Dans d'autres départements, des Elus ont décidé d'y aller ! Au carton ! Ci-dessous la lettre qu'ils ont envoyée.
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Monsieur le Préfet,

Nous, Élus de la République Française, et représentants du Peuple Français de notre beau département, nous nous élevons contre le comportement du corps préfectoral, vous compris,quant au respect des Lois de la République votées par les Législateurs représentant du Peuple. Nous exigeons que vous nous receviez pour vous remettre en mains propres notre protestation.

Votre fonction et votre formation font que que vous ne pouvez ignorer les dérives illégales et anticonstitutionnelles de vos services dans divers domaines. Pour quelles raisons ? Nous-mêmes, nous voulons continuer à ignorer les raisons d'État qui vous poussent dans ces illégalités, mais il ne fait aucun doute que vous les connaissez, ces fameuses raisons d'État.

En matière d'immigration ces illégalités que vous mettez en œuvre concernent non seulement des étrangers, mais également des Français qui ont des liens avec les étrangers qui sont sur notre territoire. Il s'agit d'ingérences illégales dans leur vie privée de Français.. Une très forte fraction du Peuple Français est issue de l'immigration en remontant à 1 ou 2 générations. Ces illégalités accroissent fortement les difficultés de l'intégration des uns et des autres. Élus du Peuple, en charge des affaires locales, nous voyons tous les jours monter colères et protestations devant ces illégalités commises par les services de l'État que vous dirigez localement. Certains demandent à ouvrir en Mairie des registres de plaintes.

En particulier, le Législateur avait prévu un traitement spécifique du cas des étrangers ayant des relations approfondies avec des Français et avec la société du Peuple Français. C'est la raison d'être de l'article L-313-11 du CESEDA qui mentionne 11 catégories d'étrangers ayant des attaches particulières avec la France. Cet article prévoit que, sous certaines conditions, ces étrangers ont un droit « de plein droit » à la délivrance d'un titre de séjour.

Le Législateur a même prévu, dans l'article L-312-2 du même code, que si en tant que Préfet vous songiez à refuser la délivrance du titre de séjour à un étranger relevant des 11 cas mentionnés ci-dessus, il vous incombait l'obligation de saisir la Commission du Titre de Séjour pour que les élus du Peuple Français que nous sommes puissent donner leur avis. Vous ne le faites pas. En tant que Préfet vous vous refusez donc à l'application de la Loi.

Vous sortez de la légalité et de la Loi votée par le Législateur en appliquant des directives définies par les services ministériels. Vous savez que ces directives ne reflètent pas la Loi. La Commission du Titre de Séjour est systématiquement ignorée, et quand cette commission est mentionnée, les directives s'écartent grossièrement de la Loi. En particulier l'article R-312-2, décret d'application, a complètement revisité le sens de l'article L-312-2, et cela de façon tout à fait illégale. Et vous savez que l'article 34 de la Constitution régit la séparation des domaines entre Loi et Règlement. La définition de la « capacité  des personnes » est du ressort de la Loi et non pas du Règlement.

On pourrait considérer très facilement que tout cela est du ressort de la forfaiture. Les Services de l'État se refusent à appliquer la Loi votée par les Législateurs. Mais il s'agit en fait d'une affaire encore plus grave. Il s'agit d'une vraie prévarication de la fonction publique car cela donne lieu à un détournement de la Loi pour faire profiter la Fonction Publique d'avantages divers à travers primes et promotions promises par les instances supérieures de l'État Cette ambiance, imposée par la fonction publique nuit à l'application sereine de la Loi.

Nous espérons, Monsieur le Préfet, que vous saurez apprécier la situation actuelle qui ne peut que vous pousser à nous recevoir pour que nous vous remettions notre dossier complet de protestation.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de nos meilleures salutations.

Re: Français sans papiers : Protestation chez le Préfet

MessagePosté: Dim 27 Sep 2009 07:34
de Autochtone palois
C'est bien plus fort qu'un Mur des Expulsés, ce texte ! Oser mettre en cause le plus Haut Représentant de l'Etat dans le département ? Mais ils vont finir au camp de Gurs, ces Elus locaux !

Qu'en pense le Bâtonnier Blanco ?

Re: Français sans papiers : Protestation chez le Préfet

MessagePosté: Dim 27 Sep 2009 19:31
de jerlau
Ce texte et cette lettre ont été écrits par des Elus d'un département qui n'est évidemment pas celui des Pyrénées Atlantiques et ne s'en prend pas au Préfet des PA.

Je tenais à préciser cela. Je ne suis que le transmetteur.

Re: Français sans papiers : Protestation chez le Préfet

MessagePosté: Dim 27 Sep 2009 20:41
de John Underwood
Il y a une raison particulière pour ne pas nommer le département? Demander à un préfet de respecter la loi n'a rien d'honteux. Le pas de Calais à la devinette puisque comme vous le dites les gens du coin qui ont aider les sans papiers ont été arrêté. A mon avis la bataille entre élus, administrations, procureurs, police est autres représentants de l'état est le symptôme des divergences d'opinions même au sein du parti au pouvoir. Pierre a signaler que même certains élus UMP protestait contre l'arrestation des pèlerins sans papiers.

La moitié des habitants de "la forêt" ont été relâché pour les raisons divers. J'attends avec impatience les déclarations de notre président mais je prédis le silence radio. C'est un sujet qui fâche et les déclarations se font plus rare que les actions.

Re: Français sans papiers : Protestation chez le Préfet

MessagePosté: Dim 27 Sep 2009 21:55
de jerlau
Ce sont les élus d'un département de l'est qu ont écrits cette lettre, je ne sais pas lequel. Il est intéressant de lire le texte de l'article L-312-2 voté par les députés et sénateurs et le texte de l'article réglementaire R-312-2 rédigé par l'administration pour dire comment il faut appliquer la Loi. C'est le rôle des décrets d'application. Mais ils n'ont pas à re-écrire la Loi. Re-écrire la Loi dans un sens différent lors d'un décret est inconstitutionnel. Nos élus, parlementaires et députés n'ont pas pipé mot. Sont-ils à la hauteur ?

Article L-312-2 : obligation de saisine de la commision du Titre de Séjour si ....
[i]La commission est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11 ou de délivrer une carte de résident à un étranger mentionné aux articles L. 314-11 et L. 314-12, ainsi que dans le cas prévu à l'article L. 431-3.[/i]Que dit l'article L-313-11 ? : Article L313-11
Modifié par Loi n°2007-1631 du 20 novembre 2007 - art. 12 JORF 21 novembre 2007
Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit :
1° A l'étranger dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entrant dans les prévisions de l'article L. 311-3, dont l'un des parents au moins est titulaire de la carte de séjour temporaire ou de la carte de résident, ainsi qu'à l'étranger entré en France régulièrement dont le conjoint est titulaire de l'une ou de l'autre de ces cartes, s'ils ont été autorisés à séjourner en France au titre du regroupement familial dans les conditions prévues au livre IV ;
2° A l'étranger dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entrant dans les prévisions de l'article L. 311-3, qui justifie par tout moyen avoir résidé habituellement en France avec au moins un de ses parents légitimes, naturels ou adoptifs depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans, la filiation étant établie dans les conditions prévues à l'article L. 314-11 ; la condition prévue à l'article L. 311-7 n'est pas exigée ;
2° bis A l'étranger dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entrant dans les prévisions de l'article L. 311-3, qui a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance et sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 311-7 n'est pas exigée ;
3° A l'étranger dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entrant dans les prévisions de l'article L. 311-3, dont l'un des parents est titulaire de la carte de séjour "compétences et talents" ou de la carte de séjour temporaire portant la mention "salarié en mission", ainsi qu'à l'étranger dont le conjoint est titulaire de l'une de ces cartes. Le titulaire de la carte de séjour temporaire portant la mention "salarié en mission" doit résider en France dans les conditions définies au dernier alinéa du 5° de l'article L. 313-10 ;
4° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ;
5° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, marié à un ressortissant étranger titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention "scientifique" ;
6° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée ;
7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ;
8° A l'étranger né en France qui justifie par tout moyen y avoir résidé pendant au moins huit ans de façon continue et suivi, après l'âge de dix ans, une scolarité d'au moins cinq ans dans un établissement scolaire français, à la condition qu'il fasse sa demande entre l'âge de seize ans et l'âge de vingt et un ans, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée ;
9° A l'étranger titulaire d'une rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle servie par un organisme français et dont le taux d'incapacité permanente est égal ou supérieur à 20 %, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée ;
10° A l'étranger qui a obtenu le statut d'apatride en application du livre VII du présent code, ainsi qu'à son conjoint et à ses enfants dans l'année qui suit leur dix-huitième anniversaire ou entrant dans les prévisions de l'article L. 311-3, lorsque le mariage est antérieur à la date de cette obtention ou, à défaut, lorsqu'il a été célébré depuis au moins un an, sous réserve d'une communauté de vie effective entre les époux, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée ;
11° A l'étranger résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il est originaire, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative, après avis du médecin inspecteur de santé publique compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressé ou, à Paris, du médecin, chef du service médical de la préfecture de police. Le médecin inspecteur ou le médecin chef peut convoquer le demandeur pour une consultation médicale devant une commission médicale régionale dont la composition est fixée par décret en Conseil d'Etat.

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Le Français, commun des mortels comprend que si le cas de l'étranger est mentionné dans l'article L.313-11, c'est à dire qu'il relève d'un de ces 11 cas énumérés dans l'article L.313-11 le préfet est obligé dse saisir a Commission du Titre de Séjour s'il envisafge de lui refuser un titre de séjour.
et que dit l'artile R-312-2 décret d'application du L.312-2 .

Le préfet ou, à Paris, le préfet de police saisit pour avis la commission lorsqu'il envisage de refuser de délivrer ou de renouveler l'un des titres mentionnés aux articles L. 313-11, L. 314-11 et L. 314-12 à l'étranger qui remplit effectivement les conditions qui président à leur délivrance.

Vous y voyez le même sens que dans l'article L.312-2. L'article L.312-2 mentionnait des cas d'étrangers et dans l'article R312-2 l'administration mentionne des titres de séjour et s'intéresse aux étrangers qui remplissent les conditions qui président à leur délivrance. Alors que l'article L.312-2 ne s'intéressait qu'a la définition du cas de l'étranger.
Ce faisant le préfet ne pourrait saisir la Commission du Titre de Séjour (CTS ) que si l'étranger avait tout à fait le droit au titre de séjour. C'est à dire que le préfet ne pourrait saisir la CTS que s'il était lui-même hors-la-loi. Un comble?

Monsieur le Préfet pourrait-il éclairer notre lanterne sur la question ? Qu'en pensez-vous cher lecteur ? ce n'est que de l'analyse de texte du niveau de la sixième. Les Elus de l'Est utilisent les mots "forfaiture" et "prévarication". Ont-ils raison ?
Définition de prévarication : Action de manquer, par intérêt, aux devoirs de sa charge. Détournement de fonds publics
Conclusion ?
Si les mesures concernées sont illégales et anticonstitutionnelles, et si elles sont récurrentes, et répétées, et s'il y a prime ou promotions, il y a alors un vrai manquement aux devoirs de sa charge. Il y a même détournement de fonds publics en raison des sommes engagées.

Définition de Forfaiture ! Forfaiture ( Terme juridique ) : Crime commmis par un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions. Cette infraction entraine la perte des droits civiques. Infraction pénale

Qu'en pensez vous cher lecteur ? Le Préfet peut nous éclairer ? Nos Elus peuvent-ils nous donner leur interprétation ?

Vu sous cet angle il semblerait que nos Elus de l'Est sont dans le bon sens. Ils se réveillent les premiers. Normal le soleil se lève à l'Est !

Re: Français sans papiers : Protestation chez le Préfet

MessagePosté: Dim 27 Sep 2009 22:41
de John Underwood
Un comble, oui. La justice est en principe indépendante et il existe des différences entre la volonté politique et ce qui permet la loi. D'ou les conflits actuel. Quelque part un gouvernement à le droit de gouverner. La France doit avoir les lois qui respectent la loi européenne et les conventions internationales qu'elle a signé (droit de l'homme etc.). dans ces limites, je ne vois pas pourquoi la loi n'est pas à l'image de la volonté politique d'une "immigration choisie" (que l'on soit d'accord avec ce principe ou non). Mais ben, je n'ai jamais trop compris les relations entre gouvernement et justice.

Edit: En relisant je vois qu'ici on est dans le cadre de personnes avec "relations approfondies avec des Français et avec la société du Peuple Français", et je comprends mieux le mécontentement des élus. Ces gens font partie de "l'immigration choisie".

Re: Français sans papiers : Protestation chez le Préfet

MessagePosté: Lun 28 Sep 2009 06:18
de jerlau
John,
Ce conflit entre Justice et Gouvernement ne date pas d'hier en France. C'est la démocratie à la Française. Mais c'est la première fois où la justice est bafouée, première fois tout au moins sous la 5 ième République, avec autant de cynisme.

Exemple : Déclaration de Nicolas SARKOZY : sur les juridictions concernant les étrangers. Lors de sa conférence du 8 janvier 2008, le président de la République a annoncé qu’il avait demandé à M. Brice HORTEFEUX,
- « de supprimer cette bizarrerie française, que, s’agissant du droit des étrangers, il y a deux ordres de juridiction, un public, un judiciaire - excusez du peu , avec des jurisprudences contradictoires »
2
.

Aucun élu n'a protesté. Le Président du SJA ( Syndicat des Juges Administratif) a protesté, sur des réflexions de base.

Le SJA s ’étonne alors que des décisions de justice soient regardées,dans un État de droit,comme des
difficultés,alors que l ’anomalie d ’une décision annulée a été l ’existence de cette décision et non son
annulation
.
…………………………………………………..
Le juge dit le droit,l ’administration applique le droit.………………………………………………………..
De même,le SJA est également fermement opposé au basculement vers le juge administratif du
contrôle de la liberté individuelle exercé par le juge judiciaire.
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Les élus ont baissé pavillon. La majorité on peut comprendre. Mais l'opposition ? En fait elle vaque dans les médias. Et elle ne peut s'opposer au Préfet qui distribue les subventions. Tout au moins il en maîtrise le niveau.

Alors tous les elus vont à la "Soupe" ! Et si quelqu'un veut s'intéresser à la question, je ne manque pas d'éléments.

Re: Français sans papiers : Protestation chez le Préfet

MessagePosté: Lun 28 Sep 2009 06:29
de jerlau
Exemple de conflit entre Juges Administratifs (ceux des étrangers ) et le pouvoir en place. (voir ci-dessous )

Un seul Elu a-t-t-il apporté un soutien de valeur à LEGOFF ( Président du SJA) ? Non l'Elu préfère être photographié au pied du Mur des Expusés ! C'est bon pour le tirage et c'est encore bon au grattage ! Qui est le plus à critiquer ? Le Nain ou l'Elu. Le Nain fait son job ! C'est l'Elu qui ne le fait pas son job.

Prochaine fois : si vous le voulez bien, la prochaine fois on regardera les questions écritures des Elus et les réponses !
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DECLARATION DU PRESIDENT DU SJA
Entendu le 7 mars 2008, le Syndicat de la Juridiction Administrative s’étonne tout d’abord des prétendues contradictions de jurisprudence invoquées pour justifier une éventuelle réforme Il rappelle que, dans le dernier rapport annuel du Comité interministériel de contrôle de l’immigration, on peut lire, à propos des « difficultés récurrentes » dans l’exécution des mesures d’éloignement, celles liées aux « annulations de procédure par la justice pénale ou administrative »8.

Le SJA s’étonne que des décisions de justice soient regardées, dans un État de droit, comme des difficultés, alors que l’anomalie d’une décision annulée a été l’existence de cette décision et non sonannulation.

Le juge dit le droit, l’administration applique le droit.

Puis le président du SJA, Robert LE GOFF, s’étonne que, dans son discours d’installation de la commission, le ministre de l’Immigration ait pu envisager que, lorsque le préfet a raison de refuser le séjour et que l’étranger est donc tenu de quitter le territoire français, l’administration ait nécessairement le droit de le placer et de le maintenir en rétention jusqu’à ce qu’il soit effectivement reconduit dans son pays, ce qui gommerait entièrement la liberté individuelle de l’étranger et son contrôle par le juge judiciaire.

Le SJA se déclare opposé à un transfert au juge judiciaire du contentieux de la légalité de la décision de refus de séjour, le contentieux de l’excès de pouvoir apparaissant central dans la nature du juge et la conception française de la séparation des pouvoirs issue de la loi des 16-24 août 1790. Ce syndicat ne voit aucun motif impérieux de nature à remettre en cause un principe fondamental reconnu par les lois de la République. De même, le SJA est également fermement opposé au basculement vers le juge administratif du contrôle de la liberté individuelle exercé par le juge judiciaire.

Le principal syndicat de magistrats de l’ordre administratif considère que la volonté de réforme est fondée sur des présupposés inexacts et qu’elle ne répond à aucun des défis auxquels sont confrontées les juridictions et l’administration et n’apporterait aucun progrès dans la protection des libertés.

Tout d’abord, les jurisprudences du juge judiciaire et du juge administratif en matière d’éloignement des étrangers ne sont pas contradictoires et ne peuvent pas l’être. Ces deux juges ne se prononcent pas sur les mêmes questions juridiques : le juge judiciaire se prononce sur la nécessité du maintien en rétention de l’étranger (et sur des questions connexes, comme la régularité du contrôle d’identité qui a conduit à son interpellation), alors que le juge administratif se prononce sur la légalité de la mesure de refus de séjour et de la mesure d’éloignement qui en est la conséquence (et des décisions connexes, notamment celle qui fixe le pays de destination).

Aucune contradiction n’est donc possible : le juge des libertés et de la détention ordonne la mise en liberté de l’étranger, lorsqu’il estime que son maintien en centre de rétention n’est pas justifié (parce qu’il présente des garanties de représentation rendant non nécessaire sa privation de liberté pour mettre à exécution l’éloignement, ou parce que son état de santé est incompatible avec la rétention) ou lorsque les conditions de l’interpellation ont été irrégulières. Mais il ne se prononce jamais sur la légalité de la mesure d’éloignement.

Et le juge administratif annule l’arrêté de reconduite à la frontière ou l’obligation de quitter le territoire français ou la décision fixant le pays de destination, lorsque ces décisions sont insuffisamment motivées ou que la situation de l’étranger n’a pas fait l’objet d’un examen individuel, ou lorsque l’étranger est protégé contre l’éloignement (dans certaines conditions, les parents d’enfant français ou les conjoints de français, etc...), ou lorsque la décision d’éloignement porte une atteinte disproportionnée au droit de mener une vie privée et familiale normale, ou lorsqu’est méconnu l’intérêt supérieur de l’enfant, ou lorsque l’étranger encourt des risques graves en cas de retour dans son pays d’origine. Mais il ne se prononce jamais sur la régularité de la procédure d’interpellation.

Une seule hypothèse existe où une contradiction est possible : celle où le juge administratif seprononce sur la légalité de la mesure de placement en rétention. Il est alors possible que le juge judiciaire ait une appréciation différente de celle du juge administratif et prolonge la rétention alors que le juge administratif va ultérieurement annuler la décision préfectorale de placement initial en rétention pour 48 heures prolongé par le juge judiciaire pour 15 jours. Mais aucune statistique ou étude sérieuse n’a été réalisée sur ce sujet, et le SJA estime hautement improbable que ce nombredépasse quelques dizaines par an.

Re: Français sans papiers : Protestation chez le Préfet

MessagePosté: Lun 28 Sep 2009 09:36
de John Underwood
C'est la démocratie à la Française.

L'administration à la Française aussi, et franchement malgré toutes ces tractations entre juges il vaut mieux être "victime" de la justice ou l'administration Française que d'autres pays. Il y a des erreurs judiciaire certe mais moins d'acharnement qu'ailleurs. Je suis parfois outragé par les décisions de justice d'autre pays que je connais bien, rarement la justice Française. Derniers exemples en date, Polanski et une Prof:

http://www.thesun.co.uk/sol/homepage/news/2647727/Lesbian-teacher-jailed-for-having-sex-with-girl-pupil-15.html

Ici cette dame n'aurait jamais fait de la prison - majorité sexuelle à 15 ans - et une certaine tolérance quand les "victimes" sont consentantes ou provocatrices, une sanction professionnelle aurait suffit.

Re: Français sans papiers : Protestation chez le Préfet

MessagePosté: Lun 28 Sep 2009 22:20
de Pierre
Les mésaventures de Polanski ou de la prof mise en prison peuvent nous paraitre étonnantes voire choquantes, mais la justice américaine ne fait là qu'appliquer la loi américaine: il y a cohérence entre la loi et les décisions de justice.

Ce que pointe Jerlau est bien différent : il dit que certains articles règlementaires et autres circulaires ministérielles sont carrément en contradiction avec les textes de loi concernant le droit des étrangers, et donc au final que les décisions préfectorales et celles de la justice administratives qui se basent sur ces articles et circulaires sont littéralement illégales. Enfin, si j'ai bien compris.

Re: Français sans papiers : Protestation chez le Préfet

MessagePosté: Lun 28 Sep 2009 23:10
de Autochtone palois
Pierre, j'ai compris comme toi.

Re: Français sans papiers : Protestation chez le Préfet

MessagePosté: Mar 29 Sep 2009 07:34
de jerlau
C'est bien ce qu'il fallait comprendre. Qd la Loi ne plait pas au pouvoir éxécutif, il la déforme. C'est grave pour ce qui est de l'honnéteté intellectuelle du pouvoir. Mais c'et surtout grave parce que cela dénote une incapacité à négcier.

Au lieu de négocier, on traite d'autres problèmes. On les grossit, on les amenuise. bref on ne traite pas la réalité.

Le "hochement du menton" n'a jamais bien fait avancer les choses. L'esprit humain, on ne sait pas ce que c'est. Ce n'est ni du beurre, ni du fromage. On peut entrainer un esprit, on peut mutiler un corps, on mutile rarement un esprit. L'esprit c'est le moteur du corps.

Cette équipe au pouvoir ne sait pas négocier, n'a pas l'esprit à cela. Elle déforme la réalité. Elle agit les lampistes mais ne s'attaque pas aux vrais problèmes.

Exemple les banques : il y a 3 métiers chez le banquier : l'épicier qui gère votre compte et qui va faire des prêts avec l'argent économisé par les clients, le grossiste qui va faire la même chose avec les entreprises avec des prêts plus conséquents, le financier qui va faire de l'ingéniérie financière avec les banque centrales. Le drame, c'est que ces 3 métiers sont dans le même pot. Faites 3 pots et bien des problèmes disparaissent. On peut sortir alors de la spirale qui veut que plus l'activité se Monopolyse, plus le chômage augmente, et plus la Bourse monte. Mais pour traiter correctement ce genre de problèmes il faut encore que les équipes au pouvoir aient envie d'analyser réellement la réalité, aient envie de négocier. Mais non ils préfèrent déformer la réalité et vivre dans le pays d'"Alice".

C'est cela le plus grave. Ces lacunes permettent aux étrangers de jouer les intermittents du spectacle dans la chasse au dahu. Cela amuse le peuple. Et le tout est à l'avenant.

On va avoir une équipe sérieuse au pouvoir ? L'opposition va s'y coller ? Quand ?